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45 ans d’histoires vécues en révolution informatique

Avant l'ère du web

D'aussi loin que je me rappelle...

Des cartes perforées au mini ordinateur

Enfin les PCs ​et les laptops
L'arrivée du web 1.0

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D'aussi loin que je me rappelle...

  • Enfant je chantais si faux que je mimais le Ô Canada que je n'ai jamais appris au complet.

  • J'ai vite compris que maîtriser notre belle langue française nous permet de mieux réfléchir.

  • À la théorie classique, j'ai vite ajouté la modélisation en tant qu'arme secrète d'apprentissage.

  • J'avais une attitude guerrière durant les examens.
    Je détectais toujours les ruses des professeurs qui cherchaient à couler la classe.
    La moyenne était de 5/20, j'avais 16. Je ne me faisais pas que des amis !

  • Je l'avoue, j'ai aussi triché: je n'ai rédigé aucun devoir de philo au CEGEP. Je prenais ceux de mon frère 1 an plus vieux. Mea culpa !

  • 2001 l'odyssée de l'espace (1968) et Colossus (1970) m'ont profondément marqué. Des ordinateurs parlants, ça me fascinait. Chaque lettre de HAL est à une lettre de IBM et les 2 films explorent les dangers de l'IA. Trop précurseur, n'est-ce pas ?

Enfant, j'étais le plus jeune de ma classe, mais j'étais dans les grands. Je n'ai eu qu'à me battre 2 fois dans ce lieu de harcèlement nommé l'école publique. C'est toujours le cas aujourd'hui à ce que je sache.

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Des cartes perforées au mini ordinateur

J'avais ces cartes en horreur et j'ai détesté mes nuits blanches avec l'BM 360, des millions de fois plus lents qu'un microprocesseur I7 d'aujourd'hui.

À Polytechnique, j'ai perforé des milliers de cartes dont celles de l'horrible JCL (Job Control Language).

En 2e année, j'ai enfin eu accès aux terminaux-imprimantes TSO (Terminal-Server Output) et j'ai même pu programmer sur un terminal avec moniteur CRT. Quel bonheur !

Parmi mes meilleurs souvenirs :

  • Un professeur de mathématique m'a offert de simuler un écoulement transsonique au-dessus d'une aile d'avion, mélange d'écoulements subsoniques et supersoniques, en résolvant les équations de Navier-Stokes. J'ai accepté. Je crois qu'il a bien aimé mon devoir, bourré de graphiques, car il l'a gardé et l'a présenté en conférence. Résultat, une poignée de main, mais zéro pognon.

  • À l'été 1980, j'étais stagiaire chez Hydro-Québec. Entre autres, j'ai programmé un logiciel se servant de l'algèbre des vecteurs propres qui a su détecter le mauvais calibrage d'une station météo parmi des centaines d'autres stations au Québec. Ce fut mes premières paies $$$ en tant que chercheur-trouveur.

Vous l'aurez compris j'étais un Geek, mais j'étais introverti sans aucune autre aptitude.

J'étais parti pour devenir un simple ingénieur, quand j'ai été recruté par un professeur pour développer un logiciel de CAO de barrage sur un mini-ordinateur VAX 11/780 de Digital connecté à un terminal Tektronics à tube cathodique de 4096 x 3072 px. J'y ai consacré 20000 lignes de code. Très beau souvenir. L'équipe du laboratoire était formidable, dont 3 Alain. Je les salue !

En 2 ans, j'ai aussi programmé toutes sortes d'utilitaires dont des logiciels très efficaces de traçage de VLSI et de champs vectoriels et scalaires. Que de beaux souvenirs et d'étudiants heureux en génie électrique. J'étais passionné par les algorithmes et je m'amusais à programmer des objets 3D. J'ai d'ailleurs sauvé la mise à Daniel Langlois, père de Softimage, mais c'est trop long à raconter !

Les backups et archives sur bandes magnétiques demandaient beaucoup de minutie. Heureusement, un technicien s'en occupait. Chaque bande de 80MO avait ± 700m. Une fois enroulée, le diamètre voisinait 25cm. Ça prenait plus de 15 minutes pour lire une bande, bien sûr en accès strictement séquentiel. Imaginez ! Des racks de milliers de bandes équivalents à la capacité d'une clef USB moderne.

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Enfin les PCs ​et les laptops

Plusieurs arbres des années 1980 n'existent plus à cause de moi. Pour voir des courbes, il fallait une traceuse, pour voir des tableaux, il fallait vite les imprimer, pour stocker mes programmes et mes résultats de calcul, il fallait des milliers de disquettes (quelques classeurs métalliques à 4 tiroirs pour un total de … 2 à 3 Goctets 😉). Eh non, je n'avais pas de clefs USB. Elles n'existaient tout simplement pas.

  • J'ai même eu l'occasion d'utiliser un Macintosh. Oui, oui, celui-ci du message publicitaire de 1984 de Ridley Scott (Blade Runner, Alien, Gladiateur...). J'y ai dessiné des schémas de gestion des réservoirs d'un système hydrique complexe. C'est un très beau souvenir et mon 1er contact avec une souris à un seul bouton, son seul défaut de conception selon moi.

En 1984, un de mes anciens professeurs m'a offert un emploi d'ingénieur chez SNC (j'avais eu 99% à son cours, ça aide me direz-vous 😊). Je devais tirer profit des micro-ordinateurs IBM XT que la division Énergie et Grands Travaux avait acquis.

  • Petite anecdote, mon prof m'a d'abord mandaté à éditer 2 énormes rapports indigestes de SNC refusés par Hydro-Québec. J'ai toujours pris ça pour une initiation. Non seulement HQ accepta ma version écrémée des rapports, mais ils ont salué mon analyse. Ça démarrait bien ma carrière d'ingénieur.

  • Dans la division de 200 personnes où je travaillais, j'étais, à toute fin pratique, le seul à avoir les cheveux foncés et posséder des micro-ordinateurs. Pendant 6 ans, j'ai littéralement brûlé des IBM XT, AT (Advanced Technology 😝), 386 et 486. J'ai rédigé des centaines de programmes. Je simulais et optimisais des écoulements en conduite ou en rivière. Je simulais aussi la production énergétique de complexes hydroélectriques: Nombreux contrats aux Indes, Thailande, USA, Canada et même deux en Chine. Au Québec: le projet CASTOR en CAO hydroélectrique, la simulation d'écoulements sous le barrage Daniel Johnson (Manic 5) et des simulations d'érosion des berges et du lit du fleuve St-Laurent.

  • Le truc chez SNC était d'obtenir des budgets internes pour réaliser sa R&D et remplir sa feuille de temps. Je remercie le VP de la division, monsieur Gagnon, de sa générosité. C'était un accord gagnant-gagnant.

  • Tout se faisait par lot, j'exécutais souvent mes programmes sur 4 ordinateurs à la fois tellement le temps de calcul était lent. Mes programmes roulaient 24/7. J'étais l'expert du multitâche, mais sans rien d'interactif. Un vrai casse-tête. Mes PCs étaient devenus mes enfants: INTERDICTION D'Y TOUCHER.

  • Autre anecdote, en 1987 j'ai dépanné SNC pour récupérer des fichiers via un modem analogique à 2400 bps (moins d'un MO à l'heure). Je n'en connaissais pas la teneur. Je devine qu'ils étaient importants, car le président de SNC, monsieur Goudreau, est venu me remercier. Mais ni chèque ni bonus n'ont suivi 😉

  • Je donnais à la secrétaire des listes de dizaines d'entreprises à solliciter pour connaître leurs produits et obtenir des disquettes démos. Le WWW n'existait pas, ni la vidéo digitale. Difficile à imaginer aujourd'hui !

  • Mon premier laptop, en 1989, fut un Compag XLT 286 de 7 kilos, souffrant pour mon épaule et le portefeuille de l'ACDI (l'association canadienne de développement inter-national), qui l'a payé plus de 8000$CAN. Une fortune. Voici des photos de moi dans l'état du Kerala (aux Indes) pour ce projet. Le barrage est celui d'Idukki, de 169m (la pyramide de Khéops fait 146m), à double voûte parabolique pour mieux répartir la pression de l'eau sur les parois. Il était géré à l'aide de mes logiciels 😊.

  • Les années 1990 ont été remplies avec plus de 40 mandats en tant que conseiller chez CGI et SHL (avalée par EDS, elle même avalée par HP), là où le capitalisme était roi et où l'humain était oublié dans la quête du profit. La R&D et les programmes de formations professionnels y étaient inexistants. Entre autres à CGI, j'ai bouclé 3 mandats à problémes sans aucun budget pour finalement ne recevoir aucune reconnaissance, loin s'en faut. J'ai ensuite refusé ces projets à problèmes tant que je n'obtenais pas de budgets conséquents. De plus je détestais les méthodes Waterfall comme P+ et la certification PMP. J'étais perçu de manière négative par la direction qui me tolérait grâce aux revenus que je générais. Petite anecdote à ce sujet, au début de mes années CGI, j'ai réalisé un audit technique si vite (1 mois) qu'un membre du comité client s'est plaint de ma rapidité. Mon VP lui a répondu et m'a ensuite partagé cette réalité. Vous devinez la suite.

Au moins, j'ai toujours su m'épargner les projets liés au bogue de l'an 2000 tellement dénué d'intérêt.

Mes clients étaient mes amis. Je vous salue. Merci !

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L'arrivée du web 1.0

  • Durant ces 10 ans, j'ai entre autres réalisé quelques sites web en étant rémunéré par troc.

  • En 2003, face aux limitations de SharePoint Portal Server, j’ai conçu sur quelques centaines de pages une plateforme à l'image de Microsoft 365. J'ai alors réalisé que j’étais plus un concepteur qu’un entrepreneur ou un vendeur, car ma conception aurait nécessité des millions de dollars que je n’ai jamais réussi à réunir.

Je me suis peu servi de l'internet avant l'an 2000, année où le web a frappé à ma porte. J’ai ouvert innocemment et il a tout bouleversé. J'avais laissé rentrer la techno que je recherchais. Elle m'a tellement séduite que j'ai quitté mon emploi. C'était Le p'tit bonheur ↗️ de Félix Leclerc et ça me berce toujours aujourd'hui.

Ce fut le chox du bonheur.

Sur les 10 ans suivant, les avancées technos du web 2 et de web 3 ont démocratisé les TI pour les PME :

  • En 2005, j'ai choisi le full-stack de l'environnement de développement

    Webdev, un 4GL de l'entreprise française PC SOFT, mais hélas celui-ci n'a

    jamais percé en Amérique. malgré ses avancées p/r à celles de Microsoft.